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L'examen des registres paroissiaux met en évidence qu'au cours du 17ème siècle un grand nombre d'enfants de Lyon sont mis en nourrice à Lentilly.
Ce mouvement a pu être reconstitué à partir de la liste des décès indiquant généralement la filiation du défunt. De 1776 à 1792, sur 173 décès d'enfants de moins de 5 ans, 55 sont des décès d'enfants en nourrice.
Qui sont ces enfants recueillis par les ruraux ?
L'étude des actes indique qu'il s'agit surtout de commerçants lyonnais qui envoient leurs enfants à Lentilly. C'est ainsi que l'on trouve le fils d'un forgeron de la rue Confort, les petits d'un débitant de tabac du passage Saint-Nizier, ceux du batelier du quai de Serin, d'un fileur d'Or de la rue Lanterne, d'un tireur de soie, pour ne citer que ceux-là.
La plupart du temps les actes signalent le nom du ménage chez qui le nourrisson est mort. Il n'y a guère que deux ou trois ménages qui accueillent ces nouveaux-nés, mais celui qui s'occupe du plus grand nombre et qui, par contre-coup déclare le plus de décès, c'est celui de Benoît Lachana, propriétaire relativement aisé avec plus de 6 ha de terre.
On peut s'interroger également sur le fait qu'un si grand nombre d'enfants demeurent séparés des parents ? A l'examen des professions de ceux-ci, on s'aperçoit que le nouveau-né est plus un embarras et une charge qu'un objet de satisfaction ! En deux cents ans, la mentalité vis à vis de l'enfant a pris un virage violent pour atteindre le règne de l'enfant centre de la vie de famille. C'était une chose inconcevable dans les classes les plus laborieuses : l'enfant est séparé de ses parents pendant les cinq premières années de sa vie.
Après, et dès l'âge de 5 ans, il pourra se rendre utile. Il est fréquent de relever dans les contrôles nominatifs officiels des petits apprentis tisserands de 5 à 6 ans.
Les parents qui confiaient leur enfant ne laissaient qu'une somme minime aux nourriciers pour les entretenir. Peu enclins à prodiguer des soins de leurs propres deniers et de surcroît à des êtres qui leur sont étranger, les chances de survie de leurs petits pensionnaires se trouvaient réduite !