Son aspect très particulier et très visible la rend difficile à confondre avec une autre espèce :
un long corps noir pouvant atteindre 20 cm,
tacheté de jaune (parfois d’orange) à la peau luisante semblant huileuse.
Elle se déplace lentement, d’une démarche pataude et a la particularité de pouvoir régénérer des parties perdues ou blessées de son corps très rapidement et de se défendre par la sécrétion d’une neurotoxine, le samandarin. Il en existe principalement deux sous-espèces : salamandra salamandra salamandra et salamandra salamandra terrestris dont les taches forment des bandes jaunes.
Essentiellement nocturne, on peut rencontrer la salamandre tachetée durant la journée, après ou durant de fortes précipitations. Parmi les amphibiens, cette espèce est la plus proche des milieux forestiers. Elle préfère les boisements mixtes, s’ils présentent une certaine humidité au sol. Les boisements purs de conifères sont en général évités, bien que soient parfois tolérées les forêts de sapin avec une couche herbacée et muscinale bien développée.
La reproduction de la salamandre tachetée est un cas particulier parmi les amphibiens autochtones d’Europe Centrale. Alors que la plupart des amphibiens se rendent dans des étangs et des mares au printemps durant une certaine période, afin de s’accoupler et d’y déposer leurs oeufs, les salamandres tachetées s’accouplent exclusivement hors de l’eau. La période d’accouplement dure d’avril à septembre avec un pic d’activité en juillet. La femelle ne se rend jusqu’à une zone d’eau qu’à la la fin de la période embryonnaire, au printemps, afin de déposer les larves.
Ne craignant pas de prédateurs, les salamandres se déplacent lentement, et comme d’autres animaux protégés par des piquants (comme par exemple les hérissons), des carapaces (tortues) ou des venins, n’hésitent pas à traverser des espaces à découvert, souvent au péril de leur vie quand il s’agit de routes fréquentées.
En milieu naturel, une espérance de vie supérieure à 20 ans a été scientifiquement attestée.
En dépit de sa protection légale dans nombre de pays, la salamandre en Europe est en régression constante depuis au moins un siècle. Plusieurs causes semblent expliquer cette régression, dont principalement : le recul des zones humides intra et péri-forestière par comblement ou drainage, la contamination de son environnement par les pesticides (elle est notamment sensible aux insecticides qui peuvent tuer l’adulte, ou les larves, à faible dose), et la fragmentation écopaysagère en général et la fragmentation des forêts par les routes en particulier.