Le Lentillois Christian Mens dédicaçait son ouvrage, ce 20 novembre, à l’Office du tourisme du Pays de l’Arbresle.
Je présente un ouvrage sur la Bataille de l’Arbresle.
Les événements relatés se sont déroulés il y a 70 ans, au début de l’été 1940. Les soldats qui ont combattu appartenaient aux troupes coloniales. Les événements ont débuté sur l’Arbresle, se sont poursuivis sur Eveux et Fleurieux, pour trouver leur épilogue à Lentilly.
Or, à l’exception d’une commémoration au cimetière colonial de Chasselay (Tata sénégalais), pour l’ensemble des combats de résistance des tirailleurs sénégalais, de Limonest à l’Arbresle, aucun événement officiel n’a rappelé ces événements au plan local, sur ma commune.
Pour moi, c’était un devoir de mémoire, pour ces hommes, venus d’Afrique, pour défendre notre pays et dont 18 d’entre eux sont morts à Lentilly. Une stèle place des Pins, à côté de l’église, rappelle d’ailleurs leur sacrifice. J’ai donc réuni toute la documentation que j’avais recueillie ces dernières années, afin de leur donner forme.
A quelques jours de l’armistice, alors que Lyon avait été déclarée ville ouverte, des troupes coloniales (tirailleurs sénégalais) ont pris position sur l’Arbresle, dans la matinée du 17 juin. Ils ont installé des barrages, sur les ponts et les grands axes. Les Allemands, division Totenkopf, attendus via la RN7, sont arrivés par la route de Saint-Germain, le 19. Pour éviter des destructions et dommages à la population, les tirailleurs sénégalais se sont retirés, sur les hauteurs. Des combats ont eu lieu sur la route Napoléon, sur les pentes du Cornu, à Eveux, puis sur Fleurieux, un point de résistance se fixant vers la gare et le haut du Buvet, à Lentilly, le soir du 19 juin. Les troupes africaines reçoivent le renfort du 2 e bataillon du 25 e RTS, venu de Lozanne et du Pont-de-Dorieux.
Dans la nuit du 19 au 20, Lentilly est occupé. Deux jeunes Lentillois, dont le fils du maire, aident des soldats à fuir l’encerclement. L’état-major, des troupes coloniales, hisse le drapeau blanc. 13 tirailleurs, prisonniers, seront fusillés, au soir du 20 juin. Cinq ont trouvé la mort, lors des combats. Ces 18 soldats avaient à peine 20 ans. Ils n’ont connu la France que pour combattre.
L’héroïsme de ces soldats, le premier acte de résistance, de jeunes Lentillois méritaient d’être rappelés aux habitants de notre bassin de vie, pour ce soixante-dixième anniversaire.