Une ferme antique aux portes de Lozanne et Châtillon
24 juillet 2009 - Le Progrès
L’Institut National de Recherche Archéologique Préventive (INRAP) effectue des fouilles sur les 50km de l’emprise de la future A 89.
« Dès 2007, j’ai d’abord effectué une reconnaissance à pieds, sur les 50km, afin de connaître les difficultés que nous rencontrerions. » nous indique Jean-Claude Ozanne, directeur des fouilles. « Nous travaillons avec des pelleteuses à godet lisse et fouillons à 10 ou 20 cm de profondeur. Nos archéologues ont l’œil, rien ne leur échappe. Si nous trouvons un site remarquable, nous ouvrons un chantier. Les sondages vont se poursuivre à la Casse-Froide, puis sur le territoire de Lentilly. Approchant de Lyon nous pouvons trouver des vestiges intéressants. »
Jean-Claude Ozanne et son équipe de 12 chercheurs ont ouvert un chantier, au Pont-de-Dorieux, sur la commune de Fleurieux. « Commencées en 2008, les fouilles doivent être terminées le 8 août prochain. C’est une course contre la montre. » nous précise l’archéologue. « Nous devons exploiter au maximum le site avant que le chantier ne nous rattrape. »
Le décapage sur 6.400m2, à une centaine de mètres de la Brévenne, a permis de mettre à jour, une ferme de 2.200m2, occupée entre le 1er siècle de notre ère et le milieu du 3ème siècle. Ceint de murs de pierre, l’établissement rural se composait de soubassements de pierres, galets et mortier. Les murs supérieurs devant être en pisé. Des murs, parfois de 1m de hauteur subsistent. L’exploitation se composait de 4 pièces d’habitation et de dépendances. Des systèmes de drainage avaient été mis en place, pour les eaux pluviales et souterraines. La ferme disposait d’un puits et d’une forge.
Le mobilier archéologique essentiellement composé de céramiques, l’absence de peintures, les dimensions modestes indiquent qu’il s’agissait d’une exploitation agricole et non d’un luxueux domaine. La nature acide du sol explique que l’on n’ait pas retrouvé de restes osseux ni d’objets métalliques.
« Ce site antique, ensemble architectural peu courant dans les Monts du Lyonnais est le 1er site gallo-romain fouillé en pays ségusiave ( tribu gauloise, dont le territoire s’arrêtait à Fourvière et dont la capitale était Feurs, Forum Segusiavum). Autour de Lyon, on trouve plus couramment des villae de grande superficie. » Nous précise Jean-Claude Ozanne.
Quant aux raisons pour lesquelles le site a été abandonné, Jean-Claude Ozanne ne peut qu’émettre des hypothèses : « Nous n’avons pas retrouvé de morceaux de charpente brûlés, ni de signes montrant une destruction en période troublée. Les raisons sont sans doute économiques, appauvrissement des sols après 2 siècles d’exploitation, ou crise économique, l’Antiquité en ayant connu plusieurs. »
Propos recueillis par G.Urbin











