Etienne Tête : « Les autoroutes déplacent seulement les emplois »
18 décembre 2008 - Le Progrès.
Le sujet n’a pas fini d’être débattu. D’autant que chacun attend la décision du Conseil d’État à propos du projet autoroutier de l’A89.
Rencontre avec Étienne Tête, conseiller régional Vert, à l’origine de la requête et opposant au projet.
>> Vous vous êtes rendu en mairie de Lentilly pour remettre une lettre au commissaire enquêteur, quel était le but de votre démarche ?
Essentiellement symbolique. Nous voulons montrer que le groupe des Verts est solidaire des 1 200 personnes qui vont être expropriées. C’est un drame humain. Et nous voulons rappeler que tout est encore possible. Si la requête devant le Conseil d’État n’est pas suspensive, chaque citoyen peut encore contester sur le fond comme sur la forme ce dossier.
>> Les partisans de ce projet avancent des arguments économiques, comme la création de zones d’activités grâce à la nouvelle autoroute. Qu’en pensez-vous ?
J’ai vu, à l’occasion d’une étude comparative il y a quelque temps que, quand à Tarare il y avait un taux de chômage de 8 %, au même moment, dans une ville comme Valence on comptait un taux de 18 % malgré une autoroute, deux nationales, un aéroport et une gare TGV.
Les projets d’autoroute déplacent les emplois, ils n’en créent pas.
>> Certains y voient aussi et surtout la possibilité d’un désenclavement …
Ce qui risque surtout d’arriver c’est de voir la concurrence d’entreprises venues d’ailleurs ou de voir des activités se délocaliser. Il faut que tout le monde en soit conscient.
>> Votre démarche n’est-elle pas aussi et essentiellement écologique ?
On parle de la nécessité de réduire les gaz à effet de serre et de devoir diminuer de 2 000 km les autoroutes. L’A89 devait en faire partie d’autant que nous savons qu’elle ne sera pas rentable avec une fréquentation assez faible.