Le projet de l’A89 survit au Grenelle de l’environnement
6 janvier 2008 - Le Progrès.
Le Grenelle de l’environnement n’aura pas de conséquence sur le projet d’autoroute entre Lyon et Roanne, selon le concessionnaire ASF.
Un moratoire sur les autoroutes ? Que nenni. La table ronde « mobilité et transports », qui s’est déroulée dans le cadre du Grenelle de l’environnement, évoque seulement, dans son document final, l’idée que « les nouvelles infrastructures routières et autoroutières seront limitées à la résolution des cas de sécurité et de congestion, ou d’intérêt local ». Autant dire que pour l’A 89, censée relier Balbigny à Lyon fin 2012, rien ne devrait être remis en cause. Selon tous les édiles du Roannais, cette voie routière est essentielle au désenclavement du nord de la Loire. Du côté des Autoroutes du Sud de la France (ASF), chargées du dossier, l’optimisme règne également : le projet ne fait pas partie des nouvelles infrastructures, puisqu’il est financé et son parcours acté.
Autre raison, selon le directeur d’opération ligérien de l’A 89, Patrick Choiset : « On prend en compte très largement les problèmes de développement durable et d’environnement sur l’autoroute ». Le bruit, le paysage, l’eau, la faune et la flore ont fait l’objet de traitements particuliers. Des murs en terre seront édifiés pour limiter les nuisances sonores. Des contacts ont été noués avec les fédérations de chasse, de pêche et de protection de la nature pour créer des passages permettant aux animaux de circuler. Autre exemple : des haies seront plantées pour permettre aux chauves-souris de se guider et éviter les automobiles. Pour l’eau, une enquête publique a été diligentée. Le commissaire-enquêteur vient de rendre ses conclusions, et ASF doit à son tour répondre avant décembre. Un arrêté préfectoral suivra au printemps prochain sur le sujet.
La principale interrogation porte en fait sur l’extrême est du projet. L’A 89 s’interrompt pour l’instant à Lentilly, dans le Rhône, où elle rejoint la Nationale 7. Une bretelle pourrait ensuite rejoindre l’A 6, voir le contournement ouest de Lyon. Mais ces dossiers, bien moins avancés, devront faire la preuve qu’ils résolvent ces fameux « cas de sécurité et de congestion, ou d’intérêt local ».
David Blanchard dblanchard@leprogres.fr