Les Allemands victorieux poursuivent nos armées qui se replient au sud de la France, ils se dirigent sur Lyon, une armée descend la vallée de la Saône, une autre armée vient de la vallée de la Loire par le Bourbonnais. Lyon est déclarée ville ouverte.
Le 19 Juin, la bataille se déroule sur les Monts du Lyonnais, de Chasselay à Caluire, le canon tonne au Mont Verdun, les forces françaises défendent les routes au nord de la ville, venant de la vallée de la Saône.
A 2 heures après midi, une compagnie d’infanterie arrive dans le village, le Capitaine demande au Maire de cantonner les hommes et de les ravitailler. Cette troupe est en désordre, ce sont parait-il des récupérés appartenant à un Régiment d’Albi, le 66 ou 68. Le Capitaine ne possède pas de carte, je lui en remets une détachée d’un calendrier des Postes, il ne sait pas où se trouve son Chef de Bataillon, je téléphone à la Tour (de Salvagny) qui me répond qu’il n’y a pas de troupe, je propose au Capitaine de faire conduire un soldat porteur d’un pli demandant des ordres, mon fils le conduira, je demande à M. Vercherin fils qui conduit son auto de se mettre à la disposition pour cette mission, il accepte courageusement ; ils se dirigeront dans la direction où les troupes sont engagées. A La Tour (de Salvagny), ils ne rencontrent pas de soldat, ils se dirigent sur Limonest.
Les mitrailleuses crépitent, ils doivent s’arrêter quittant la voiture qui reste sous la garde de M. Vercherin, mon fils et le soldat en se cachant dans les cultures se dirigent vers la voie ferrée où ils aperçoivent des soldats français. Ils parviennent à l’entrée du tunnel de Lissieu, et trouvent le Chef de Bataillon qui leur annonce que les Allemands occupent le village de Limonest, que notre artillerie a dû abandonner le terrain et qu’il s’attend à être fait prisonnier avec les hommes qui sont sous le tunnel.
Un Commandant se joint à eux, ils reprennent le chemin parcouru et peuvent rejoindre la voiture que M. Vercherin conduit à toute vitesse pour rejoindre Lentilly. Un avion allemand survole le village.
A 7 heures du soir, la Compagnie quitte ses cantonnements abandonnant les vivres, et en désordre se dirige sur la Rivoire, et prend la direction de Chevinay.
Sources :Récit des évènements concernant les combats livrés à Lentilly en 1940, relatés par M. Jeantet (maire) dans le Livre d’Or de la mairie.