La rue du Zouave est située dans le quartier du Bricollet.
Le fait d’avoir donné ce nom à un chemin rural est curieux ... et provoque souvent l’étonnement des visiteurs ...
La réponse est contenu dans une récit fourni par M. Pierre Giraud - ancien responsable communal - à ses successeurs à la municipalité :
« M. Delprat qui faisait partie de la génération de mon père avait passé le Conseil de Révision avant la loi de trois ans et l’application du service militaire obligatoire - à cette époque chaque canton devait fournir à l’autorité militaire un contingent annuel de jeunes gens de vingt ans dont le nombre était fixé en général bien en dessous du nombre de conscrits comme on les appelait.
Au cours du conseil de révision après avoir passé la visite, il était procédé au tirage au sort pour ceux qui avaient été reconnus Bon pour le service - le nombre de bulletins était égal au nombre de reconnus mais, seuls étaient marqués d’un chiffre le nombre de bulletins correspondants à l’effectif fixé par le contingent - les autres étaient exonérés du service militaire, qui je crois était de 7 ans.
Par contre, pour ceux qui étaient reconnus numérotés, l’affectation s’effectuait dans divers régiments et les petits numéros allaient les plus loin, le numéro 1 étant incorporé d’office dans une garnison ayant son dépôt en Algérie et faisant partie du corps expéditionnaire opérant en pays lointains, notamment l’Indochine et le Tonkin.
Or notre voisin Delprat tirait justement le numéro 1 qui l’affectait à l’un des quatre régiments de ZOUAVES ayant leur dépôt à Alger, Oran, Constantine et Tunis, je ne me souviens pas du numéro de son régiment : toujours est-il qu’il fit partie du corps expéditionnaire opérant dans ces lointains pays, au Tonkin notamment et qu’il resta sans donner de ses nouvelles ou du moins très peu. C’est donc à son retour, qu’une grande partie de la population, en particulier les gens du Bricollet et du village, lui témoignèrent toute leur sympathie au cours d’un accueil extrêmement émouvant et affectueux. C’est depuis ce moment là que cet ancien petit chemin rural qui a beaucoup fait parlé de lui, vu sa situation en plein village, n’était connu que sous l’étiquette chemin du Zouave pour devenir par la suite avec les réfections en cours, la rue du Zouave rappelant aux générations qui passent, une époque où la reconnaissance et l’amitié dans notre commune n’étaient pas un vain mot. »
Ce récit permet un rappel du système d’appel sous les drapeaux en vigueur dans la première partie du 19ème siècle.
Note : la loi du 27 juillet 1872 pose le principe d’un service militaire obligatoire de cinq ans - puis la loi du 15 juillet 1889 réduit celui-ci à trois ans et la loi du 21 mars 1905 à deux ans.