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La bataille de France

// vendredi 26 février 2010 // par mens

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bataille de France désigne l’invasion allemande des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France en 1940. L’offensive commence le 10 mai 1940 en mettant fin à la « drôle de guerre », et se termine le 22 juin par la défaite des forces armées françaises et la signature de l’armistice du 22 juin 1940 par le gouvernement Pétain.

Le territoire des quatre pays est alors occupé selon différentes modalités, principalement : une zone occupée par l’Allemagne au Nord et à l’Ouest, une zone occupée par l’Italie dans le Sud-est et une zone libre sous l’autorité du gouvernement de Vichy. Ces territoires sont libérés par les offensives alliées à partir de 1944.

Le 10 mai 1940, la Wehrmacht attaque en envahissant les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. La Luftwaffe procède au bombardement systématique des aéroports. Le commandement français s’y attendait et lance ses troupes à la défense de la Belgique, comme prévu. Utilisant à plein les concepts de choc et rapidité, couple char-avion communiquant par radio, concentration des moyens, le fer de lance de l’armée allemande (une dizaine de divisions blindées) traverse le massif des Ardennes, jugé impénétrable par les généraux français (et donc mal défendu, et mal soutenu lorsque l’attaque apparut évidente) et encercle du Sud vers le Nord l’armée franco-britannique engagée en Belgique. Puis sont particulièrement visés aux bombardements les terrains d’aviations de Calais, de Dunkerque, de Metz, d’Essey-lès-Nancy, de Bron et de Châteauroux. Des centaines d’appareils sont détruits au sol. En Belgique, la moitié des avions de l’Armée de l’air sont neutralisés. Au même moment, d’autres actions sont menés sur les nœuds ferroviaires et les embranchements de routes jusqu’à 400 kilomètres à l’intérieur du territoire français.

Le tournant de Dunkerque

Les forces de l’aile gauche française et le corps expéditionnaire britannique, sont alors enfermées dans une vaste poche autour de Dunkerque (nord de la France) et contraintes au rembarquement. Il faut le sacrifice d’une division d’infanterie française qui se fait littéralement tuer sur place, luttant à un contre quatre durant plusieurs jours jusqu’à épuisement des munitions, appuyée par l’infanterie britannique et la RAF qui a autant souffert que l’Armée de l’air française dans cette bataille, pour permettre l’évacuation de 340 000 hommes, Britanniques et Français, dans des conditions épouvantables. L’Armée belge, elle, capitule le 28 mai.

Fall Rot : l’invasion de la France

Le gouvernement quitte Paris le 10 juin pour Bordeaux. Les réfugiés qui fuient la Belgique et le Nord de la France sont alors rejoints par 2 millions de réfugiés de la région parisienne. Pour Jean-Pierre Azéma, entre le 15 mai et le 10 juin, au moins 6 millions de Français abandonnent leur domicile et participent à l’exode de 1940, se retrouvant sur les routes sous les attaques de la Luftwaffe et ruinant la logistique militaire française. La bataille de France est perdue, en dépit de la résistance farouche et héroïque de nombreuses unités comme pendant la bataille d’Amiens du 24 mai au 9 juin 1940 (les 16e et 24e française stoppent plus de 3 Panzerkorps pendant 9 jours et causent la perte de 196 panzers).

Le 5 juin, l’offensive reprend alors vers le sud avec une supériorité numérique écrasante et malgré une résistance héroïque de certaines unités françaises, l’avance allemande est très rapide. Les forces allemandes arrivent au bord du Cher (« frontière » de la future ligne de démarcation).

Le 10 juin 1940, Mussolini, allié de Hitler, déclare la guerre à la France, mais ne parvient pas à faire avancer ses troupes à travers les Alpes : sur le front des Alpes, la ligne Maginot a joué son rôle, et l’Armée des Alpes résiste victorieusement face aux armées italiennes à l’est, et allemande au nord (bataille des Alpes). Franco, sollicité, refuse d’entrer en guerre contre la France, même lorsque l’effondrement français est patent.

L’effondrement et la demande d’armistice

C’est la panique en France dans le monde politique et militaire. Les uns se résignent à la défaite et réclament l’armistice, les autres veulent poursuivre la lutte comme promis aux Britanniques, en s’appuyant sur l’Empire et notamment l’Algérie.

C’est le premier camp, soutenu par le général Maxime Weygand, le maréchal Pétain, Pierre Laval et François Darlan, qui l’emporte. Le général de Gaulle, secrétaire d’État à la Défense, partisan de la poursuite de la guerre, rejoint Londres, où il prononce son appel devenu célèbre mais passé relativement inaperçu dans le chaos ambiant. Le noyau de la France libre se constitue alors, avec d’autres volontaires français. D’autres personnalités se sont aussi réfugiées en Amérique. Le président du Conseil Paul Reynaud , qui lui aussi voulait continuer la lutte, choisit finalement de démissionner le 16 juin 1940. Le président de la République Albert Lebrun nomme alors Philippe Pétain président du Conseil. Le lendemain, ce dernier annonce à la radio que la France doit cesser le combat et demander l’armistice. Signé seulement le 22 juin (voir armistice du 22 juin 1940), le long intervalle permet à l’Armée allemande de faire prisonnier 1,5 millions de soldats français. Le gouvernement Philippe Pétain, constitué à Bordeaux le 17 juin, et le Parlement vont s’installer en juillet à Vichy, ville disposant de grandes capacités hôtelières.

Le 14 juin, les blindés atteignent Paris déclarée ville ouverte. Le 22 juin 1940, la délégation française signe l’armistice dans la clairière de Rethondes, dans le wagon de l’Armistice, celui-là même qui avait servi de cadre à l’armistice de la Première Guerre mondiale et devant le monument qui parlait de l’« orgueil criminel de l’Empire allemand vaincu par les peuples qu’il voulait asservir ». Hitler fait ensuite filmer l’explosion du monument. Quant au wagon il est envoyé à Berlin et exposé avant d’être détruit en 1945. Hitler entendait ainsi effacer la défaite de la Première Guerre mondiale et humilier la France.

Malgré la signature de l’armistice, les Allemands poursuivent leur avancée militaire jusqu’au 24 juin 1940 minuit ce qui fait que les 2/3 de la France sont envahis ainsi que les Îles anglo-normandes britanniques.

Le 24 juin 1940, la France doit aussi signer un armistice avec l’Italie qui avait de son côté envahi plusieurs zones frontalières très limitées de la Savoie et à Menton. Après cette catastrophe, et malgré la signature de l’armistice, les soldats de la ligne Maginot poursuivirent la lutte, estimant n’avoir pas été vaincus, et pour certains jusqu’à la mi-juillet. L’Armée des Alpes n’a de son côté pas failli, en repoussant assez facilement tous les assauts de l’Armée italienne jusqu’aux derniers jours de combat.

La plus grande partie de la France est occupée par les troupes allemandes, le pays est divisé en une zone occupée et administrée militairement par l’Allemagne (nord, ouest et sud-ouest), et en une zone libre (centre et sud). Le gouvernement de Vichy du maréchal Pétain administre l’ensemble du territoire français et l’Empire.

Voir en ligne : La Bataille de l’Arbresle (Monographie par Christian Mens)