A89 : l’arrivée à La Tour-de-Salvagny confirmée par le Conseil d’État
10 avril 2009 - Le Progrès.
Les recours déposés, entre autres, par Etienne Tête et Alcaly ont été rejetés ce mercredi. Les travaux de l’autoroute entre Balbigny (Loire) et La Tour peuvent donc se poursuivre.
La décision n’a cette fois pas traîné. Comme annoncé il y a quinze jours, le verdict du Conseil d’État est tombé mercredi (voir nos éditions d’hier). Il confirme la concession du tronçon Balbigny (Loire) - La Tour-de-Salvagny accordée aux Autoroutes du sud de la France et l’arrivée de l’A89 dans le nord ouest lyonnais. Le changement d’avis radical du rapporteur public, entre octobre 2008 et mars dernier, avait laissé envisager ce final.
Gilles Pillon, le maire de La Tour-de-Salvagny, estime pourtant que « ce revirement de position est étonnant. Tant que la décision n’était pas prise, je n’avais pas porté de jugement. Mais là, je ne comprends pas comment on peut dire blanc un jour et noir le lendemain. On a évoqué des lobbies, des interventions politiques… C’est assez navrant. » Face à ce nouveau revers pour sa commune où un échangeur est prévu, le maire promet de ne pas abandonner : « Les élus et les populations n’en resteront pas là. On ne peut accepter dans une démocratie que le droit soit ainsi bafoué, de même que le Grenelle de l’environnement. » Alors que d’autres recours ne sont pas à exclure quant à l’arrivée de l’A89 à La Tour, un autre dossier inquiète et mobilise l’Ouest lyonnais.
Le doute plane en effet toujours un peu sur la poursuite de l’autoroute Bordeaux-Genève.
Le seul tracé aujourd’hui envisagé par les services de l’Etat pour la jonction entre l’A89 à La Tour et l’A6 (puis l’A46) passe par Dommartin, Dardilly, Limonest et Lissieu, avec mise en service pour 2012. L’enquête publique, réalisée fin 2007 sur ce tronçon qui serait payant, s’était soldée par un avis négatif.
Le Grand Lyon et le Conseil général du Rhône se sont prononcés contre l’arrivée d’une nouvelle pénétrante si près de l’agglomération.
Pour Alain Feugier, ancien premier adjoint de la Tour-de-Salvagny et pilier d’Alcaly, association qui regroupe 110 communes de l’agglomération lyonnaise, ce raccordement serait « une grave erreur. Le bon sens commande de rechercher un raccordement dans le secteur d’Anse, tel qu’envisagé en 1997, proche de la bifurcation A6-A46. »
Il rappelle aussi que le dossier de la liaison entre A89, A6 et A46 est indépendant de celui de l’arrivée de l’A89 à La Tour. M. Pillon évoquait hier ses projets avec les maires du secteur : « Nous nous sommes déjà concertés. Nous sommes prêts à tout envisager pour faire revenir l’État à la raison. Nous ne sommes pas contre l’A89, mais contre l’A89 aux portes de Lyon. »
Il faut donc s’attendre tout prochainement à des actions d’envergure, comme les manifestations et opérations escargot organisées en juin 2007 sur l’A6 et la RN6.
Jean-Louis Schuk : « Peut-être pas encore trop tard »
Pour Jean-Louis Schuk, maire de Lissieu, « La messe est dite. » Il poursuit : « Au regard de l’avancement du chantier de l’A89, notamment au niveau de Violay, je n’envisageais pas d’autre issue que celle-ci, les engins ont déjà largement entamé les collines de cette région. L’État, exsangue, était dans l’impossibilité d’arrêter un tel projet et d’indemniser le concessionnaire à hauteur de 400 millions d’euros. J’imagine que le député de notre circonscription est pris entre joie et peine. Joie pour la région de Tarare, et peine pour le secteur de Lissieu. Je propose un Grenelle de l’A89 sur les mesures environnementales. Il n’est peut-être pas encore trop tard pour s’intéresser et sauver les bipèdes homos erectus qui habitent notre région. »