Lentilly > Jacques Vial : « Il faudrait trouver une alternative au projet de l’A 89 »
24 novembre 2008 - Le Progrès.
Le recours déposé auprès du Conseil d’État contre le projet A 89 a suscité de nombreuses prises de position d’élus dans les colonnes de notre journal. Le conseil municipal de Lentilly, lors de sa séance du 17 novembre, a réaffirmé, à l’unanimité, son opposition au projet actuel. Le maire, Jacques Vial, s’exprime à son tour.
>> Pourquoi réaffirmer l’opposition de votre commune au projet de l’A 89 ?
Avant le conseil, j’avais fait connaître à chaque élu ma position quant à l’attitude d’élus qui se mobilisent pour faire pression sur le Conseil d’État. Chacun sait, qu’en son temps, une loi de circonstance a été votée, pour permettre l’avenant entre l’État et ASF (Autoroutes du sud de la France), afin d’autoriser la construction et l’exploitation de l’A 89 entre Balbigny et La-Tour-de-Salvagny. Le recours déposé par Etienne Tête porte sur ce point. Ces pressions sur le Conseil d’État sont des comportements qui me choquent. Ils ne sont pas acceptables, car exprimés par des personnes parlant de démocratie et de séparation des pouvoirs. Le Conseil d’État est une instance indépendante. Elle doit statuer dans la sérénité. Le désenclavement du Roannais et des Pays de Tarare est une réalité. Mais il n’a pas comme unique réponse le projet autoroutier actuel. Je suis même très étonné de l’extrême discrétion dont font preuve les tenants de ce projet, au sujet de son aboutissement sur la commune de Lentilly. Car en fait, c’est au rond-point sur la N 7 de la zone d’activité du Charpenay et non sur La-Tour-de-Salvagny, que le projet aboutit. L’actuelle N 7 à quatre voies devenant un prolongement autoroutier et les actuelles entrées nord et est de la ZAC du Charpenay (ex-N 7) redevenant une nationale. Cela va créer encore une augmentation du trafic dans une zone plus que surchargée. De plus, je suis surpris de voir ces personnalités s’appuyer, pour justifier leur position, sur des arguments démagogiques et erronés en matière de création d’emplois (création de 20 000 emplois) et d’activité économique.
>> Quelle alternative proposez-vous ?
Il faudrait remettre à plat ce dossier. En particulier au niveau du tracé à partir de Tarare. Il est peut-être temps, avec toutes les collectivités territoriales concernées, de trouver une solution qui prendrait en compte le désenclavement nécessaire, la préservation de l’environnement, en intégrant les valeurs du Grenelle de l’environnement, pour ne pas saturer les voiries existantes. Nous devons également réfléchir à la mise en place de transports alternatifs. Solution moins coûteuse, mais non prise en compte par les élus concernés.
Propos recueillis par notre correspondant local, G. Urbin