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Il a construit sa maison en pisé

// vendredi 23 avril 2010 // par mens

Hervé Martineau, artisan en maçonnerie traditionnelle et écologique réside depuis 6 ans à Lozanne. Il a construit sa maison en pisé

- Hervé Martineau, quel est votre parcours ?
J’ai travaillé pendant plusieurs années dans une entreprise de maçonnerie de Civrieux, où j’ai acquis le goût de la restauration. Dans le cadre de ma formation, j’ai suivi un stage d’un mois, sur les utilisations de la chaux.
En 1999, j’ai créé mon entreprise de maçonnerie traditionnelle et naturelle. Je me suis spécialisé dans les métiers de la chaux et la restauration du pisé. Je suis une des premières entreprises qui s’est placée dans le cadre du développement durable.

- Quels ont été vos principaux chantiers ?
D’abord à Feyzin, la restitution du jardin d’été, bâtisse en pisé que nous avons presque entièrement reconstruite, avec une charpente identique à celle d’origine. Puis, dans le cadre du développement durable, la gravière aux oiseaux à Mably, à côté de Roanne. Un site où des visites sont organisées tout au long de l’année.

- Votre maison est en pisé ?
Oui, elle a été, pour moi, le chantier de nombreuses expérimentations. Elle m’a permis de tester différentes techniques, connaître le temps de mise en œuvre, les matériels et matériaux nécessaires, pour l’établissement de devis. Le choix de la terre a été long et fastidieux. Il faut que tout le pisé vienne de la même veine. Finalement, j’ai trouvée sur le secteur de La Chicotière, à Dommartin. Comme les anciens, sous le plancher, j’ai placé une couche de pisé, excellent isolant phonique.

- Comment procédez-vous ?
Je réalise d’abord un mur d’essai qui validera les épaisseurs de couches. Puis, sur un soubassement en briques, nous montons les murs à l’aide, de banches à béton (coffrages). Nous tassons la terre avec des engins pneumatiques.

- Le pisé a-t-il un avenir ?
Bien sûr. C’est un matériau peu onéreux. Mais ce n’est pas nous les petits artisans qui le développeront. Avec le renchérissement du coût de l’énergie les grosses structures du BTP y viendront. D’ailleurs, des études sur un béton de terre préparé en centrales et livrable par des toupies ont lieu en ce moment.

Propos recueillis par notre correspondant local Gérard Urbin